Le 10 octobre dernier, sur la grande scène du Théâtre National de Toulouse, Hank Jones apparaît, accompagné de Martijn Vink à la batterie et de George Mraz à la contrebasse. C’est un concert d’une rare intensité qui débute. Le sourire légendaire de Hank est au rendez-vous , ses doigts effleurent avec agilité les touches du Steinway…
Progressivement, les thèmes s’enchaînent, et laissent place au génie de l’artiste. L’improvisation ne cesse de s’accroître, audacieusement accompagnée de nombreux et brillants solos entre Martjin Vink et George Mraz. Un jeu où les musiciens se nourrissent et argumentent une longue discussion : entre le tempo alerte de la batterie, les rythmes allègres de la contrebasse, les phrasés et les boucles incessantes du piano. Indiscutable. Hank Jones, pionnier de l’ère moderne du jazz, héritier incontestable de Art Tatum, a fortement participé à l’émancipation du be bop qu’il préfère nommer « musique moderne ».
Ce soir là, il nous offre également, avant même un ultime rappel, son savoir faire en tant que soliste, ce qui embrase l’assemblée, éprise d’émotion, murmurant presque ces airs savants… Hank Jones, 91 ans, sait toujours se faire entendre, jouant parfois avec son public ravi. Lorsque la dernière note retentit, celui-ci se leva spontanément et lui rendit hommage, pendant plusieurs minutes, sous des rafales d’applaudissements.
Jazz sur son 31 remercie Hank Jones trio d’avoir participé à la 23ème édition du festival.
Photos: Emilie Lescale









